Comment prendre ses mensurations lingerie ? Tuto pas à pas
La taille de lingerie est un malentendu bien installé. Pas le principe de la taille — le chiffre que vous croyez porter. Voici les quatre mesures qui le corrigent, et les gestes qui les rendent justes.
Par Pauline
Fondatrice d'Estella Lingerie · 4 septembre 2026 · 42 min

La réponse, tout de suite
Quatre mesures suffisent, et deux d'entre elles décident presque tout.
Prenez un mètre ruban souple. Mesurez votre tour de dessous, juste sous la poitrine, mètre horizontal, en expirant : ce chiffre donne la taille française. Mesurez votre tour de poitrine au point le plus fort, sans écraser : la différence entre les deux donne le bonnet. Ajoutez le tour de taille, au creux le plus étroit, et le tour de hanches, au point le plus large des fesses : ces deux-là décident des bas, des bodies et des maillots.
En chiffres ronds : un tour de dessous de 73 à 77 cm correspond à un 90 français. Un écart de 16 à 17 cm entre poitrine et dessous correspond à un bonnet C. Un tour de dessous de 75 cm et un tour de poitrine de 92 cm donnent donc un 90C — et, si le 90C serre ou bâille, un 85D ou un 95B diront peut-être mieux la même poitrine.
Le reste de cet article détaille les gestes, les pièges, les trois ou quatre systèmes de tailles qui circulent en Europe sans se superposer, et la seule vérification qui compte vraiment : celle que vous faites une fois la pièce sur vous.
Pourquoi la taille que vous croyez porter est souvent fausse
La taille de lingerie est un malentendu bien installé. Pas le principe de la taille — le chiffre que vous croyez porter.
Il s'installe de trois façons. D'abord par héritage : on a été mesurée une fois, à dix-sept ans, dans une cabine, et on a gardé le chiffre comme on garde une date de naissance. Le corps a changé deux ou trois fois depuis ; le chiffre, non. Ensuite par confort apparent : une bande trop large ne fait pas mal, elle glisse seulement, et une bande qui glisse se compense en resserrant les bretelles, ce qui déplace le travail du vêtement au mauvais endroit sans qu'on s'en aperçoive. Enfin par le vocabulaire : un « petit bonnet » et un « grand bonnet » sont des expressions de magazine, pas des mesures. Un bonnet E sur un tour de dessous de 70 cm contient moins de volume qu'un bonnet C sur un tour de dessous de 100 cm. La lettre n'est pas une quantité absolue : c'est un écart, relatif à la bande sur laquelle elle est posée. C'est le point le plus mal compris de tout le sujet, et il explique à lui seul la moitié des mauvaises tailles.
Mesurer ne prend pas dix minutes. Mesurer juste prend un peu d'attention, parce que les quatre gestes ont chacun une façon de rater.
Les quatre mesures, et ce que chacune décide
Avant de dérouler le mètre, il faut savoir à quoi sert chaque chiffre. Prendre une mesure sans savoir ce qu'elle décide, c'est noter un nombre qu'on ne saura pas relire.
| Mesure | Où elle se prend | Ce qu'elle décide |
|---|---|---|
| Tour de dessous | Juste sous le sein, dans le sillon sous-mammaire | La taille de bande : 80, 85, 90, 95, 100… |
| Tour de poitrine | Au point le plus fort de la poitrine | Le bonnet, par différence avec le tour de dessous |
| Tour de taille | Au creux le plus étroit du buste | Les culottes, les gaines, les bustiers, les bodies |
| Tour de hanches | Au point le plus large des fesses | Les culottes, les bas de maillot, les combinaisons |
Deux mesures d'appoint méritent d'être notées une fois pour toutes, parce qu'elles reviennent sans cesse dans les pièces qui habillent tout le buste :
| Mesure d'appoint | Où elle se prend | Pour quelles pièces |
|---|---|---|
| Hauteur de buste | De l'épaule, au creux du cou, jusqu'à l'entrejambe en passant devant | Bodies, combinaisons, maillots une pièce |
| Tour de dessous haut | Au-dessus de la poitrine, sous les aisselles | Bustiers sans bretelles, caracos, nuisettes larges |
Notez les six chiffres sur une feuille ou dans une note de téléphone, avec la date. Vous verrez plus loin pourquoi la date compte autant que le chiffre.
Le matériel, et le moment
Il faut un mètre ruban souple de couturière, celui qui se roule. Pas un mètre de bricolage, qui ne suit pas la courbe du dos et donne systématiquement trop. Pas une ficelle qu'on reporte ensuite sur une règle, sauf si vous n'avez vraiment rien d'autre : la ficelle s'étire, et deux centimètres d'étirement déplacent une taille entière.
Vérifiez l'état du ruban. Un mètre de couture qui a dix ans d'usage s'allonge, surtout les modèles en toile enduite. Posez-le à plat contre une règle rigide : si le 50 du ruban ne tombe pas sur le 50 de la règle, changez de ruban. C'est une erreur invisible et constante, donc la pire.
Trois conditions de mesure, et elles ne sont pas des détails.
Devant un miroir. Vous devez voir le ruban dans votre dos. Un mètre qui remonte de deux centimètres derrière, parce que vos bras tirent vers le haut sans que vous le sentiez, donne un tour de dessous faux de trois à quatre centimètres, soit presque une taille.
Le matin, de préférence. Le volume du buste et de la taille varie dans la journée. Un repas, une position assise prolongée, une station debout de huit heures : chacune déplace un peu les chiffres. Le matin, après le réveil et avant le petit-déjeuner, vous mesurez un corps au repos, ce qui est l'état le plus reproductible d'une fois sur l'autre. Si vous mesurez le soir, notez-le : vous comparerez un soir à un soir.
Pas en période de variation hormonale, si vous pouvez l'éviter. La poitrine se charge et se décharge au fil du cycle, et l'amplitude n'est pas symbolique : d'une semaine à l'autre, un même sein peut passer d'un bonnet à l'autre. Mesurer au milieu du cycle, loin des quelques jours où la poitrine est la plus tendue, donne un chiffre moyen plus utile. Si vous avez une poitrine très réactive, prenez deux séries de mesures à deux semaines d'écart et gardez les deux : vous saurez que votre taille vit entre un 85C et un 85D, ce qui est une information, pas une incertitude.
Faut-il garder son soutien-gorge pour mesurer ?
La question revient à chaque fois et mérite une réponse précise, parce qu'elle change le résultat.
Pour le tour de dessous : torse nu, ou avec un soutien-gorge très fin. Rien ne doit s'interposer entre le ruban et la cage thoracique. Une bande élastique de deux millimètres d'épaisseur ajoute quatre millimètres au tour ; une bande rembourrée, bien davantage.
Pour le tour de poitrine : avec un soutien-gorge non rembourré, sans armatures de préférence, qui tient la poitrine à sa place naturelle. C'est le point contre-intuitif. Mesurée torse nu, une poitrine qui descend s'étale : le ruban passe plus bas, le chiffre tombe, et le bonnet trouvé est trop petit. Mesurée dans un soutien-gorge rembourré, la même poitrine gagne un volume qui n'est pas le sien, et le bonnet trouvé est trop grand. Entre les deux, un soutien-gorge souple non doublé, ou un bralette fin, place la poitrine là où une pièce bien ajustée la placera.
Si vous n'avez aucun soutien-gorge non rembourré sous la main, mesurez torse nu et prenez en plus la mesure penchée décrite plus loin : la différence entre les deux vous dira à quel point votre poitrine s'étale, et donc combien votre mesure debout sous-estime le volume réel.
Mesure 1 : le tour de dessous, geste par geste
C'est la mesure qui porte la taille, et c'est la plus souvent ratée. Elle mérite trois minutes.
- Tenez-vous droite, pieds parallèles, bras le long du corps, épaules relâchées. Pas de poitrine bombée, pas de dos cambré.
- Faites passer le ruban dans votre dos, à hauteur du sillon sous-mammaire, et ramenez les deux extrémités devant.
- Vérifiez au miroir que le ruban est parfaitement horizontal. C'est l'erreur numéro un : derrière, il a tendance à glisser vers le bas quand on lève les bras pour l'attraper, puis à remonter quand on les baisse. Regardez votre dos, pas vos mains.
- Serrez. Pas timidement : le ruban doit être ferme, au point que vous pourriez à peine glisser un doigt dessous. Un soutien-gorge tient par sa bande, et la bande travaille en tension ; une mesure molle donne une bande molle.
- Expirez normalement, puis lisez. Pas une expiration forcée, pas un ventre rentré : une expiration de respiration ordinaire. Lisez le chiffre à cet instant.
- Relâchez tout, recommencez depuis le début, deux fois. Gardez la mesure du milieu si les trois diffèrent.
Pourquoi trois fois ? Parce qu'une mesure prise à dix minutes d'écart ne donne presque jamais le même chiffre, et il y a des raisons mécaniques à cela : la tension du ruban n'est jamais identique à un demi-kilo de traction près, la position du ruban varie d'un demi-centimètre, l'amplitude respiratoire change selon qu'on vient de monter un escalier ou non, et la cage thoracique elle-même se détend quand on reste droite un moment. Trois mesures et une médiane valent mieux qu'une mesure et une confiance.
Un repère utile : la plupart des femmes mesurent leur tour de dessous trop lâche parce que serrer semble tricher. Ce n'est pas tricher. La bande est la seule partie du soutien-gorge qui travaille vraiment, et elle est faite pour être en appui franc, pas en appui poli.
Du tour de dessous à la taille française
La taille française se lit directement dans le tour de dessous. La convention est simple : taille française = tour de dessous en centimètres + 15, arrondi au multiple de 5. Elle donne la table suivante.
| Tour de dessous mesuré | Taille FR | Taille EU (UE/DE/IT numérique) |
|---|---|---|
| 63 – 67 cm | 80 | 65 |
| 68 – 72 cm | 85 | 70 |
| 73 – 77 cm | 90 | 75 |
| 78 – 82 cm | 95 | 80 |
| 83 – 87 cm | 100 | 85 |
| 88 – 92 cm | 105 | 90 |
| 93 – 97 cm | 110 | 95 |
| 98 – 102 cm | 115 | 100 |
| 103 – 107 cm | 120 | 105 |
| 108 – 112 cm | 125 | 110 |
Deux remarques sur cette table, parce qu'une table de correspondance lue trop vite devient fausse.
Les bornes ne sont pas des murs. Un tour de dessous de 77,5 cm tombe entre un 90 et un 95. Les deux sont jouables, et le choix dépend de l'élasticité de la pièce : une bande très élastique, sur un soutien-gorge souple, tolère la taille du dessous ; une bande rigide, sur un bustier ou une pièce à armatures fermes, demande la taille du dessus. Dans le doute sur une pièce fermée, prenez la plus grande des deux et resserrez par le crochet.
Les crochets sont faits pour servir. Un soutien-gorge neuf se porte sur le crochet le plus large, pas le plus serré. Les bandes se détendent à l'usage, et les crochets intermédiaires sont la réserve qui permet à la pièce de durer. Si votre pièce neuve n'est confortable que sur le crochet le plus serré, elle est déjà trop grande, et elle le sera davantage dans six mois.
Mesure 2 : le tour de poitrine, et pourquoi on le prend trois fois
Le tour de poitrine se prend au point le plus fort, c'est-à-dire en général à hauteur des mamelons, mais pas toujours : sur une poitrine qui descend, le point le plus fort est plus bas. Suivez le volume, pas l'anatomie théorique.
- Gardez la même position que pour le tour de dessous : droite, bras relâchés.
- Passez le ruban autour du buste, au point le plus fort, et vérifiez au miroir qu'il est horizontal dans le dos. Il remonte volontiers vers les omoplates ; il doit rester à la même hauteur partout.
- Posez le ruban sans serrer. Il affleure, il ne comprime pas. C'est le contraire exact du tour de dessous. Si la peau marque, vous écrasez.
- Respirez normalement et lisez à la fin d'une expiration ordinaire.
Les trois variantes, maintenant, parce qu'elles valent mieux que n'importe quel calculateur en ligne.
Debout. La mesure de référence, celle qui entre dans les tables.
Penchée à quatre-vingt-dix degrés. Penchez le buste vers l'avant, à l'horizontale, et laissez la poitrine tomber dans le vide. Mesurez au point le plus fort. Cette mesure capture le volume total du sein, sans l'étalement que la gravité impose en position debout. Sur une poitrine ferme et petite, elle est presque identique à la mesure debout. Sur une poitrine lourde ou souple, elle peut la dépasser de quatre, six, parfois huit centimètres — et c'est précisément cet écart que la mesure debout perd en route.
Penchée à quarante-cinq degrés. Un intermédiaire, souvent le plus proche de ce qu'un soutien-gorge bien ajusté donnera réellement.
Comment s'en servir : si vos trois mesures sont proches, votre bonnet est celui de la table, sans discussion. Si la mesure penchée dépasse la mesure debout de plus de quatre centimètres, votre poitrine contient plus de volume que la table ne le dit, et il faut essayer un bonnet au-dessus — souvent deux. C'est le cas de figure le plus courant chez les femmes qui s'étonnent de « flotter » dans leur bonnet habituel tout en débordant par le haut : le volume est là, la mesure debout ne le voyait pas.
De l'écart au bonnet
Le bonnet n'est pas un volume absolu, c'est une différence : tour de poitrine moins tour de dessous. Dans le système français, un bonnet vaut environ deux centimètres d'écart.
| Écart poitrine – dessous | Bonnet (système français) |
|---|---|
| 10 – 11 cm | AA |
| 12 – 13 cm | A |
| 14 – 15 cm | B |
| 16 – 17 cm | C |
| 18 – 19 cm | D |
| 20 – 21 cm | E |
| 22 – 23 cm | F |
| 24 – 25 cm | G |
| 26 – 27 cm | H |
| 28 – 29 cm | I |
| 30 – 31 cm | J |
Trois précautions d'emploi, parce que cette table est à la fois la plus utile et la plus maltraitée du sujet.
Le pas de deux centimètres est une convention, pas une loi de la nature. Les maisons françaises ne l'appliquent pas toutes avec les mêmes bornes : certaines décalent d'un centimètre, certaines élargissent les tranches sur les grands bonnets. Si le guide de taille d'une maison donne une borne différente de celle-ci, suivez le sien pour ses pièces : il décrit ses patrons, pas une vérité générale. Le pas anglo-saxon, lui, vaut un pouce, soit environ 2,5 cm — et c'est l'une des raisons pour lesquelles les lettres ne se traduisent pas une à une d'un système à l'autre.
Un écart ne dit rien de la forme. Deux poitrines qui donnent le même écart de 19 cm peuvent demander des bonnets très différents : l'une large et peu profonde, l'autre étroite et projetée. L'écart donne le point de départ ; la forme décide du modèle.
Un écart pris sur une mesure debout chez une poitrine souple sous-estime presque toujours le bonnet. Reprenez la mesure penchée. Si elle donne un écart de 24 cm là où la mesure debout en donnait 19, votre bonnet réel est probablement entre les deux, plus près du G que du D.
Un exemple complet, pour fixer les choses. Tour de dessous : 75 cm, trois fois de suite. Tour de poitrine debout : 94 cm. Tour de poitrine penchée : 99 cm. Taille de bande : 90, puisque 75 tombe dans la tranche 73-77. Écart debout : 19 cm, soit un bonnet D. Écart penchée : 24 cm, soit un bonnet G. La vérité est au milieu : commencez les essais en 90E, avec un 90F en réserve, et tranchez sur le corps.
Mesure 3 : le tour de taille
Le tour de taille est la plus simple des quatre et celle qu'on prend le plus mal, parce qu'on croit savoir où est sa taille.
La taille anatomique n'est pas à hauteur du nombril, et elle n'est pas là où se posent vos jeans. C'est le creux le plus étroit du buste, en général deux à quatre centimètres au-dessus du nombril, à peu près à hauteur du dernier plan des côtes flottantes. Pour le trouver sans vous tromper : penchez-vous latéralement, vers la droite puis vers la gauche. Le pli qui se forme sur le flanc marque la hauteur de votre taille. Redressez-vous, et mesurez à cette hauteur.
- Tenez-vous droite, sans rentrer le ventre. Ce point mérite d'être souligné : un ventre rentré donne un chiffre que votre culotte ne retrouvera jamais, puisque vous ne passez pas vos journées en apnée.
- Posez le ruban à l'horizontale, bien à plat tout autour. Vérifiez derrière au miroir.
- Le ruban affleure, il ne comprime pas. Un doigt doit pouvoir glisser dessous sans effort.
- Expirez normalement et lisez.
Si votre buste n'a pas de creux marqué — c'est fréquent, et parfaitement banal —, mesurez à mi-chemin entre le bas des côtes et le haut des hanches, et notez que vous avez mesuré ainsi. Vous retrouverez le même repère la prochaine fois.
Mesure 4 : le tour de hanches
Le tour de hanches est la mesure la plus déterminante pour tout ce qui s'enfile par le bas, et c'est celle où les mauvaises habitudes coûtent le plus cher, parce qu'une culotte trop petite se voit immédiatement sous un vêtement.
Le point à mesurer est le plus large de l'ensemble fesses-hanches, pas la crête iliaque. Sur la plupart des morphologies, il se situe dix-huit à vingt-deux centimètres sous la taille. Pour le trouver, faites passer le ruban bas sur les fesses, puis remontez-le lentement de centimètre en centimètre : le chiffre augmente, puis diminue. Le maximum est votre tour de hanches.
- Pieds joints. Jambes écartées, le chiffre change.
- Ruban horizontal, vérifié de profil dans le miroir — c'est de profil que l'on voit qu'il plonge vers l'avant ou vers l'arrière.
- Sans serrer.
- Si vous portez une culotte, choisissez-en une fine et sans couture épaisse.
Un cas particulier qui mérite une ligne : si vous avez des hanches très marquées et un ventre plat, ou l'inverse, la seule mesure du tour de hanches ne suffira pas à prédire la tenue d'une culotte taille haute. Prenez dans ce cas une mesure supplémentaire, le tour de bassin, cinq à six centimètres sous la taille, sur la partie la plus pleine du bas-ventre. Les deux chiffres ensemble expliquent pourquoi une taille vous va en culotte classique et pas en modèle haut.
Les erreurs de mesure, et ce qu'elles coûtent
Chacune de ces erreurs est banale, et chacune déplace la taille d'un cran au moins. Les reconnaître vaut mieux que mesurer dix fois.
| Erreur | Ce qu'elle produit | Comment l'éviter |
|---|---|---|
| Ruban qui remonte dans le dos | Tour de dessous surestimé de 2 à 4 cm, donc bande trop grande | Mesurer face au miroir, regarder son dos |
| Tour de dessous mesuré trop doucement | Bande trop grande, bretelles resserrées pour compenser | Serrer jusqu'à ne glisser qu'un doigt |
| Tour de poitrine mesuré en serrant | Bonnet trop petit, débordement par le haut | Ruban qui affleure, sans marquer la peau |
| Mesure prise avec un soutien-gorge rembourré | Bonnet trop grand, bonnet qui plisse à vide | Soutien-gorge souple non doublé, ou torse nu plus mesure penchée |
| Poitrine souple mesurée seulement debout | Bonnet sous-estimé d'un à trois crans | Ajouter la mesure penchée à 90 degrés |
| Ventre rentré pour le tour de taille | Culotte et bustier trop petits | Respirer normalement, ne rien contracter |
| Jambes écartées pour le tour de hanches | Hanches surestimées, bas trop grand | Pieds joints |
| Ruban de couture usé ou étiré | Toutes les mesures faussées dans le même sens | Contrôler le ruban contre une règle rigide |
| Mesure prise les bras levés | Cage thoracique ouverte, tour de dessous surestimé | Bras le long du corps à la lecture |
| Une seule mesure, pas de répétition | Un chiffre pris pour une certitude | Trois mesures, garder la médiane |
Pourquoi deux mesures à dix minutes d'écart ne donnent pas le même chiffre
Cela inquiète, et cela ne devrait pas : c'est normal, et les causes sont identifiables une par une.
La tension du ruban. Entre un serrage à deux kilos et un serrage à trois kilos de traction, il y a un à deux centimètres sur un tour de dessous. Personne ne reproduit une tension à la main avec une précision de laboratoire. C'est pour cela qu'on répète et qu'on garde la médiane.
La respiration. Entre une fin d'expiration calme et une fin d'expiration après un escalier, la cage thoracique varie. Mesurez au repos, assise une minute avant si vous venez de marcher.
La posture. Une épaule un peu plus haute, un dos légèrement cambré, et le ruban change de plan. Les deux ou trois premières mesures d'une série sont souvent les moins bonnes, parce qu'on cherche encore sa position.
L'heure. Le buste et surtout la taille gagnent un à deux centimètres dans la journée, davantage après un repas. Ce n'est pas une illusion, et cela explique une partie des soutiens-gorge « confortables le matin, serrés le soir ».
Le cycle. La poitrine se charge en eau, le tour de poitrine monte, l'écart avec le dessous monte avec lui, et le bonnet trouvé change. Chez certaines femmes, l'amplitude est d'un bonnet entier.
Ce qu'il faut en retenir : votre taille n'est pas un point, c'est un petit intervalle. Un 85C-85D, un 95D-100C. Connaître les deux bornes de son intervalle est plus utile que croire à un chiffre unique, parce que les coupes varient d'une maison à l'autre et que vous aurez besoin des deux.
Les systèmes de tailles ne se superposent pas
C'est ici que la plupart des achats en ligne dérapent. Un 90C français n'est pas un 90C allemand, et un bonnet E français n'est pas un bonnet E anglais. Quatre systèmes circulent sur les sites européens, et ils comptent différemment.
La bande. Le système français compte en centimètres de tour de dessous augmenté de quinze. Le système européen, utilisé en Allemagne, en Scandinavie et par la plupart des marques italiennes dans leur étiquetage international, compte en centimètres de tour de dessous arrondi, soit quinze de moins que le français. Les systèmes britannique et américain comptent en pouces de tour de buste nominal. Le système italien traditionnel compte en rangs numérotés de 1 à 7.
| Tour de dessous | FR | EU | UK | US | IT |
|---|---|---|---|---|---|
| 63 – 67 cm | 80 | 65 | 30 | 30 | 1 |
| 68 – 72 cm | 85 | 70 | 32 | 32 | 2 |
| 73 – 77 cm | 90 | 75 | 34 | 34 | 3 |
| 78 – 82 cm | 95 | 80 | 36 | 36 | 4 |
| 83 – 87 cm | 100 | 85 | 38 | 38 | 5 |
| 88 – 92 cm | 105 | 90 | 40 | 40 | 6 |
| 93 – 97 cm | 110 | 95 | 42 | 42 | 7 |
| 98 – 102 cm | 115 | 100 | 44 | 44 | — |
Le bonnet. Là, les lettres divergent franchement, parce que les systèmes britannique et américain ont intercalé des bonnets doubles au-delà du D au lieu de continuer l'alphabet. Le tableau ci-dessous donne la correspondance usuelle.
| Bonnet FR / EU / IT | Bonnet UK | Bonnet US |
|---|---|---|
| A | A | A |
| B | B | B |
| C | C | C |
| D | D | D |
| E | DD | DD (parfois E) |
| F | E | DDD (parfois F) |
| G | F | G |
| H | FF | H |
| I | G | I |
| J | GG | J |
Deux avertissements honnêtes sur ce tableau. D'abord, la colonne américaine est la moins stable des trois : selon les maisons, le bonnet qui suit le D s'appelle DD ou E, et celui qui suit DDD s'appelle F ou G. Une marque américaine qui vous propose un « E » peut viser ce que le système français appelle E, ou ce qu'il appelle F. Ensuite, le pas n'est pas le même : deux centimètres d'écart par bonnet dans le système français, environ deux centimètres et demi dans les systèmes en pouces. Sur les grands bonnets, les deux échelles se décalent, et la correspondance devient approximative plutôt que fausse.
La conséquence pratique est simple : lisez toujours le guide de taille de la maison chez qui vous achetez, et donnez-lui vos centimètres plutôt que votre lettre. Un chiffre en centimètres se traduit ; une lettre, pas toujours.
Un exemple concret. Vous portez habituellement un 90E français. Sur un site britannique, cherchez un 34DD. Sur un site allemand, un 75E. Sur un site italien numéroté, un 3E. Sur un site américain, un 34DD, avec un œil sur le guide de la marque pour savoir si son DD correspond bien au vôtre. Ce sont quatre étiquettes différentes pour la même poitrine.
Les tailles sœurs : un même volume, deux étiquettes
Le mécanisme est celui que nous avons posé au début : le bonnet est un écart, pas un volume. Si vous changez la taille de bande, le même volume de poitrine correspond à une autre lettre.
La règle tient en une phrase : une taille de bande en moins, un bonnet en plus ; une taille de bande en plus, un bonnet en moins.
| Taille de départ | Sœur plus petite de bande | Sœur plus grande de bande |
|---|---|---|
| 85C | 80D | 90B |
| 90C | 85D | 95B |
| 90E | 85F | 95D |
| 95D | 90E | 100C |
| 100B | 95C | 105A |
| 105F | 100G | 110E |
À quoi cela sert, très concrètement :
- Quand la bande vous convient mais le bonnet déborde : montez d'un bonnet, gardez la bande. Ce n'est pas une taille sœur, c'est simplement la bonne taille.
- Quand le bonnet vous convient mais la bande glisse : descendez d'une bande et montez d'un bonnet. Le volume reste identique, le maintien revient.
- Quand votre taille est en rupture : la sœur est l'achat le plus proche. Elle n'est pas identique — la largeur de l'armature et l'écartement des bonnets changent légèrement —, mais elle est bien plus proche que n'importe quel autre choix.
- Quand vous passez d'une maison à l'autre : les sœurs vous donnent deux ou trois tailles à essayer au lieu d'une, ce qui raccourcit la recherche.
Le sujet a ses finesses, et nous lui avons consacré un article entier : les tailles sœurs, ou pourquoi votre 90B est aussi un 85C.
Les poitrines asymétriques, qui sont la règle et non l'exception
Il faut le dire clairement : avoir deux seins de volume différent est banal. La symétrie parfaite est rare, et un écart visible n'est ni un défaut ni une anomalie. Ce qui est utile, en revanche, c'est de savoir mesurer cet écart, parce que la lingerie se choisit alors autrement.
Comment mesurer sein par sein. Posez le ruban comme pour le tour de poitrine, mais ne faites le tour complet qu'une fois : tenez l'extrémité du ruban au centre du sternum, passez-le sur le point le plus fort d'un sein, puis sous l'aisselle jusqu'à la colonne vertébrale. Notez. Recommencez de l'autre côté. Doublez chaque demi-mesure pour obtenir deux tours de poitrine théoriques, un par côté. La différence entre les deux est votre asymétrie.
Comment s'en servir :
- Écart inférieur à un centimètre et demi. Pas de décision à prendre. Choisissez le bonnet du plus grand côté et un modèle à bonnets souples, qui absorbent la différence sans la montrer.
- Écart de un centimètre et demi à trois centimètres, soit à peu près un bonnet. Prenez le bonnet du côté le plus fort, systématiquement. Un bonnet un peu lâche d'un côté se comble ; un bonnet trop petit de l'autre se voit et comprime. Les modèles à armatures avec doublure légère, les triangles doublés, les balconnets à coque souple sont les plus tolérants. Les bonnets moulés rigides sont les moins tolérants, parce qu'ils imposent une forme au lieu de s'y adapter.
- Écart de plus de trois centimètres. Même principe, et une pièce amovible du côté le plus petit si le modèle le permet. Beaucoup de soutiens-gorge à armatures acceptent une coque fine glissée dans une poche intérieure, et plusieurs modèles de lingerie sont vendus avec cette poche sans que l'étiquette insiste. C'est l'ajustement le plus simple, le plus discret et le plus réversible qui existe.
Un détail qui a son importance : l'asymétrie se mesure dans le volume, mais elle se vit aussi dans la hauteur. Un sein peut être implanté un centimètre plus bas que l'autre. Dans ce cas, les bretelles réglables indépendamment — c'est-à-dire presque toutes — se règlent indépendamment, ce que personne ne fait spontanément. Deux crans d'écart entre les deux bretelles rattrapent une implantation inégale mieux que n'importe quel changement de taille.
Mesurer pour un bas : culotte, string, shorty, taille haute
Les bas se choisissent sur le tour de hanches en premier lieu, et sur le tour de taille en second. L'ordre compte, parce que les deux chiffres ne tombent pas toujours dans la même taille et qu'il faut savoir lequel arbitre.
| Pièce | Mesure qui arbitre | Mesure de contrôle |
|---|---|---|
| Culotte classique | Tour de hanches | Tour de taille |
| String, tanga | Tour de hanches | — |
| Shorty, boxer | Tour de hanches | Tour de cuisse si la jambe est courte |
| Culotte taille haute | Tour de taille | Tour de bassin |
| Gaine, culotte sculptante | Tour de taille | Tour de hanches |
La règle de départ : quand les deux mesures ne tombent pas dans la même taille, suivez le tour de hanches pour un bas classique et le tour de taille pour un bas haut. Une culotte classique tient par l'élastique de hanche ; une taille haute tient par la ceinture. On taille sur la pièce qui porte.
Les correspondances usuelles pour les bas, en gardant à l'esprit qu'elles varient davantage d'une maison à l'autre que les tailles de soutien-gorge, parce qu'aucune convention nationale ne les encadre vraiment :
| Tour de taille | Tour de hanches | Taille usuelle |
|---|---|---|
| 58 – 62 cm | 84 – 88 cm | 34 (XS) |
| 63 – 67 cm | 89 – 93 cm | 36 (S) |
| 68 – 72 cm | 94 – 98 cm | 38 (M) |
| 73 – 77 cm | 99 – 103 cm | 40 (L) |
| 78 – 83 cm | 104 – 108 cm | 42 (XL) |
| 84 – 89 cm | 109 – 113 cm | 44 (XXL) |
| 90 – 95 cm | 114 – 118 cm | 46 (3XL) |
Trois conseils de choix qui ne figurent sur aucune étiquette :
Les dentelles élastiques et les dentelles rigides ne se taillent pas pareil. Une culotte en dentelle extensible tolère un demi-point d'écart dans les deux sens. Une dentelle rigide, une guipure, un tulle brodé serré, non : ils tiennent la mesure et ne pardonnent rien. Sur ces matières, prenez la taille de votre mesure, pas celle de votre habitude.
Un bas qui marque n'est pas forcément trop petit. Une couture épaisse mal placée marque en taille juste. Regardez d'où vient la marque : un élastique qui creuse sur tout le tour signale une taille trop petite ; une marque en un seul point signale une couture, donc un modèle à changer, pas une taille.
Les ensembles ne se commandent pas en une seule taille. Un ensemble de lingerie assemble un haut et un bas qui n'obéissent pas aux mêmes mesures. Beaucoup de maisons vendent les deux pièces séparément pour cette raison précise. Quand ce n'est pas le cas, c'est le haut qui doit tomber juste : un bas un peu large se porte, un bonnet faux ne se porte pas.
Mesurer pour un body
Le body est la pièce la plus exigeante du vestiaire, parce qu'elle doit tomber juste sur quatre mesures à la fois : poitrine, taille, hanches et surtout hauteur de buste. C'est cette dernière, presque jamais mesurée, qui explique la plupart des déceptions.
La hauteur de buste se prend ainsi : placez l'extrémité du ruban sur le dessus de l'épaule, à mi-chemin entre le cou et l'articulation, et faites-le descendre devant, en passant sur le point le plus fort de la poitrine, jusqu'à l'entrejambe. Puis remontez-le dans le dos jusqu'au point de départ, sur l'épaule. Le chiffre complet, de l'épaule à l'épaule en passant par l'entrejambe, est votre hauteur de buste totale. Sur une morphologie de taille moyenne, elle tourne autour de 140 à 155 cm ; mais c'est votre chiffre qui compte, pas la moyenne.
Pourquoi c'est décisif : un body est un circuit fermé. Trop court, il tire sur les épaules, descend l'encolure et remonte l'entrejambe, et aucun réglage ne le rattrape. Trop long, il fait des plis horizontaux sous la poitrine et bâille à l'entrejambe. Deux femmes qui ont exactement le même tour de poitrine, la même taille et les mêmes hanches peuvent avoir huit centimètres d'écart de hauteur de buste : l'une portera très bien un body que l'autre ne supportera pas une heure.
Ce qu'il faut regarder sur une fiche produit avant de commander un body :
- Les bretelles sont-elles réglables ? Des bretelles réglables rachètent quatre à six centimètres de hauteur de buste. Des bretelles fixes, rien.
- L'entrejambe est-il à pression ? S'il l'est, il y a souvent deux rangs de pression, donc un centimètre et demi de réserve.
- La matière est-elle donnée comme extensible dans les deux sens ? Un jersey bi-extensible pardonne ; une dentelle non extensible, pas du tout.
- Y a-t-il des armatures ? Un body à armatures se choisit sur la taille de soutien-gorge ; un body sans armatures, sur le tour de poitrine et la hauteur de buste.
En cas d'hésitation entre deux tailles sur un body, prenez la plus grande. C'est l'inverse de ce qu'on fait sur une culotte, et c'est voulu : un body trop juste se refuse à être porté, un body un peu ample se porte.
Mesurer pour un maillot de bain
Le maillot ajoute deux contraintes que la lingerie n'a pas : il est mouillé une partie du temps, et il doit tenir sous l'effort. Les deux changent la façon de choisir.
Un maillot se choisit sur les mêmes mesures qu'un soutien-gorge, mais dans l'autre sens du doute. La mesure reste la même : tour de dessous, tour de poitrine, écart, bonnet. L'arbitrage change : à cheval entre deux tailles, prenez la plus petite sur un haut de maillot à bonnets, parce que l'élasthanne se détend à l'eau et que le tissu mouillé pèse. Un haut qui est juste bien à sec est souvent lâche au bout de vingt minutes dans l'eau.
Un une-pièce demande la hauteur de buste. Même logique que le body, même piège. Un maillot une pièce trop court remonte à l'entrejambe et descend l'encolure. La différence avec le body, c'est qu'on le porte debout, devant des gens, et qu'on nage avec. Prenez la hauteur de buste, comparez-la au guide de la marque quand il la donne, et préférez les modèles à bretelles réglables si votre buste est long.
Les bas de maillot se prennent sur le tour de hanches, sans exception. Le tour de taille n'intervient que sur les modèles taille haute et les culottes gainantes.
| Pièce de maillot | Mesure décisive | Arbitrage entre deux tailles |
|---|---|---|
| Haut à bonnets, armatures | Tour de dessous + écart | Prendre la plus petite bande |
| Haut triangle sans armatures | Tour de poitrine | Prendre la plus petite |
| Bandeau | Tour de dessous | Prendre la plus petite, serrage par lien |
| Bas classique, brésilien | Tour de hanches | Prendre la plus grande |
| Bas taille haute | Tour de taille | Prendre la plus grande |
| Une pièce | Hauteur de buste puis poitrine | Prendre la plus grande |
Un repère utile pour les grands bonnets : un haut de bikini tient par sa bande et par son armature, exactement comme un soutien-gorge. Si vous portez un bonnet E ou au-delà, cherchez un modèle décliné en tailles de soutien-gorge plutôt qu'en S-M-L. Une taille en lettres unique ne peut pas, par construction, distinguer un 85F d'un 100C.
Mesurer pour un bustier, un corset, une guêpière
Ces pièces sont les seules du vestiaire où la mesure prime sur le ressenti, parce qu'elles sont construites et non élastiques.
Le bustier. Trois mesures : tour de dessous, tour de poitrine, tour de taille. La particularité, c'est qu'un bustier n'a pas de bretelles pour tricher : tout le maintien passe par la bande et par le baleinage. Il se porte donc plus serré qu'un soutien-gorge, et la règle du crochet le plus large à l'achat ne s'applique pas de la même façon. En cas d'écart entre vos mesures, c'est le tour de dessous qui décide. Les modèles de bustier les plus tolérants sont ceux à dos élastique partiel ; les plus exigeants, ceux entièrement baleinés sur le tour.
Le corset. Ici, la mesure change de nature. Un corset se choisit sur le tour de taille, et les maisons de corseterie indiquent en général une taille de corset inférieure au tour de taille mesuré, parce que la pièce se ferme en resserrant. L'écart entre votre tour de taille et la taille du corset s'appelle la réduction. Elle ne s'improvise pas : suivez exactement les indications de la maison qui fabrique la pièce. Au-delà, trois mesures sont nécessaires pour choisir un corset qui tombe bien : tour de taille, tour de dessous, et la hauteur du buste de l'aisselle à la taille, qui détermine si la pièce vous ira en longueur ou vous entrera dans les côtes.
La guêpière. La même logique que le bustier, avec en plus le tour de hanches, puisqu'elle descend sur le bassin. C'est la pièce qui réclame le plus de mesures et celle qui pardonne le moins l'approximation. Pour un mariage, prenez les mesures au moins deux mois avant, puis une seconde fois quinze jours avant : les deux séries vous diront si votre silhouette a bougé, et le temps restant permet encore une retouche.
Ce qui change après une grossesse, après une variation de poids
Les deux cas se traitent différemment, et dans les deux cas la réponse commence par la même phrase : reprenez toutes les mesures, n'en déduisez aucune.
Après une grossesse et pendant l'allaitement. Le tour de dessous change, parce que la cage thoracique s'est ouverte pendant la grossesse et met des mois à revenir — parfois ne revient pas tout à fait. Le tour de poitrine change deux fois : il monte fortement, puis redescend au sevrage, souvent en dessous du point de départ. Pendant l'allaitement, le volume varie dans la journée d'un bonnet ou plus, selon les tétées. Il n'y a donc pas de taille stable à trouver : il y a une taille à un moment donné.
Ce qui en découle, pratiquement : mesurez le tour de dessous une fois par mois, parce que c'est lui qui porte la taille ; prenez le tour de poitrine à distance d'une tétée, pour avoir le volume bas plutôt que le volume haut, et choisissez des pièces dont le bonnet accepte de se remplir — bonnets souples, matières extensibles, bretelles larges et réglables. Attendez trois à quatre mois après le sevrage avant de reconstituer un vestiaire sur une nouvelle taille : avant cela, le chiffre bouge encore. Toute cette période a son article, qui part des pièces plutôt que des mesures — la lingerie post-partum.
Après une variation de poids. La règle d'ordre de grandeur, utile pour anticiper : les premiers kilos perdus ou pris se voient beaucoup sur le tour de dessous, parce que le dos et les côtes sont parmi les premières zones concernées. Le bonnet, lui, bouge moins vite qu'on ne le croit. La conséquence est contre-intuitive : après une perte de poids modérée, beaucoup de femmes descendent d'une taille de bande et montent d'un bonnet. Elles passent d'un 95C à un 90D, alors qu'elles cherchaient un 90B. Le volume de poitrine n'a presque pas changé ; c'est le dos qui a changé, et le bonnet qui suit mécaniquement l'arithmétique des tailles sœurs.
Dans les deux cas, voici le repère le plus simple : mesurez à nouveau dès que vous portez votre soutien-gorge habituel sur un cran de crochet différent de celui d'avant. Ce changement de cran est le signal le plus fiable qu'il existe, et il arrive bien avant qu'on s'en rende compte autrement.
Vérifier l'ajustement une fois la pièce portée
C'est la partie que les tutoriels oublient, et c'est la seule qui tranche. Un mètre ruban donne une hypothèse. Le corps donne la réponse.
Enfilez la pièce et faites les sept vérifications suivantes, dans cet ordre. Chacune prend dix secondes.
Un. La bande, sur le crochet le plus large. Vous devez pouvoir glisser deux doigts à plat sous la bande dans le dos, et pas quatre. Tirez la bande vers l'arrière : elle doit s'écarter de deux à trois centimètres, pas de dix. Si elle s'écarte beaucoup, descendez d'une taille de bande et montez d'un bonnet.
Deux. La bande, horizontale. Regardez-vous de dos dans un miroir. La bande doit former une ligne droite, à la même hauteur que l'avant ou très légèrement plus basse. Si elle remonte vers les omoplates en formant un V, elle est trop grande : elle se fait tirer vers le haut par le poids qu'elle ne retient pas.
Trois. Le centre du bustier, à plat. Le petit pont entre les deux bonnets doit toucher le sternum sur toute sa hauteur. S'il décolle, le bonnet est trop petit, ou l'armature trop étroite pour l'implantation de votre poitrine. S'il s'enfonce, le bonnet est trop grand.
Quatre. Les armatures, dans le sillon. Passez un doigt le long de l'armature. Elle doit suivre le pli naturel sous le sein, remonter sur le côté sans entrer dans la poitrine, et s'arrêter contre les côtes sous l'aisselle — jamais sur le tissu mammaire. Une armature qui repose sur le sein lui-même, à l'avant ou sur le côté, signe un bonnet trop petit, pas une armature mal faite.
Cinq. Le bonnet, rempli sans débordement. Pas de pli à vide en haut du bonnet, pas de chair qui déborde en haut, sur le côté ni sous l'aisselle. Penchez-vous en avant puis redressez-vous : si la poitrine s'échappe par le haut, le bonnet est trop petit ; si le bonnet se vide, il est trop grand.
Six. Les bretelles, en accompagnement. Elles doivent tenir sans creuser. Le test : baissez les deux bretelles sur les bras et relevez-les ; la poitrine ne doit presque pas bouger. Si elle descend nettement, c'est que les bretelles portaient le poids à la place de la bande, ce qui veut dire que la bande est trop grande. Un soutien-gorge bien ajusté se porte par la bande et se règle par les bretelles.
Sept. L'épreuve du mouvement. Levez les bras, tournez le buste, penchez-vous, et asseyez-vous une minute. La bande ne doit pas remonter, le bonnet ne doit pas bâiller, l'armature ne doit pas piquer. Beaucoup d'essayages se font immobile devant une glace, et c'est ainsi qu'on rapporte une pièce confortable pendant trois minutes.
Le tableau de diagnostic, pour relire les symptômes dans l'autre sens :
| Ce que vous constatez | Cause la plus probable | Ce qu'il faut essayer |
|---|---|---|
| La bande remonte dans le dos | Bande trop grande | Une taille de bande en moins, un bonnet en plus |
| Les bretelles creusent l'épaule | La bande ne porte pas le poids | Une taille de bande en moins, bretelles desserrées |
| La poitrine déborde par le haut du bonnet | Bonnet trop petit | Un ou deux bonnets en plus, même bande |
| Un bourrelet sous l'aisselle | Bonnet trop petit, ou armature trop étroite | Bonnet en plus, ou modèle à armature plus large |
| Le bonnet plisse à vide | Bonnet trop grand, ou forme inadaptée | Un bonnet en moins, ou modèle moins projeté |
| Le pont central décolle du sternum | Bonnet trop petit | Un bonnet en plus avant de changer de modèle |
| L'armature pique sous l'aisselle | Armature trop longue pour votre buste | Modèle à armature courte, balconnet |
| L'armature repose sur le sein | Bonnet trop petit | Bonnet en plus, pas bande en moins |
| La bande n'est confortable qu'au dernier crochet, pièce neuve | Bande trop grande | Une taille de bande en moins |
| Marques rouges sur tout le tour de bande | Bande trop petite | Une taille de bande en plus, un bonnet en moins |
Une précision honnête sur ce tableau : une bande bien ajustée laisse parfois une légère marque après une journée de port, et ce n'est pas en soi le signe d'une taille fausse. Ce qui alerte, c'est une marque qui creuse, visible immédiatement après avoir retiré la pièce et qui met du temps à s'effacer.
Pour prolonger ce diagnostic, nous avons recensé ailleurs les dix erreurs les plus fréquentes à l'achat d'un soutien-gorge — celles qui précèdent la mesure et celles qui la suivent.
Ce que font les autres maisons sur la prise de mesures
Il n'existe pas une méthode unique dans le métier, et c'est intéressant à savoir avant de faire confiance à un guide plutôt qu'à un autre. Trois grandes approches coexistent, chacune avec ses forces réelles et ses limites réelles.
Le guide de taille en ligne. C'est la pratique la plus répandue : à peu près toutes les maisons de lingerie, des maisons françaises classiques comme Chantelle, Simone Pérèle, Aubade, Empreinte ou Lise Charmel aux grandes marques internationales, publient un guide de mesures sur leur site, avec leurs propres tranches de centimètres et leur propre table de correspondance. L'avantage : le guide décrit les patrons de la maison, donc il est juste pour ses pièces. La limite : les tranches diffèrent d'un guide à l'autre, et un même corps peut sortir en 90C chez l'une et en 85D chez l'autre. Ce n'est pas une contradiction, c'est la conséquence de patrons différents.
Le rendez-vous en boutique. Plusieurs enseignes et maisons proposent une prise de mesures par une personne formée. C'est notoire chez Marks & Spencer, qui propose un service d'essayage en magasin depuis longtemps ; chez Bravissimo, enseigne britannique spécialisée dans les grands bonnets, qui travaille en cabine avec des conseillères ; chez Rigby & Peller, maison londonienne qui reçoit sur rendez-vous. L'avantage est considérable et difficile à remplacer : un œil extérieur voit l'implantation, la projection, l'asymétrie et le comportement de la pièce en mouvement, quatre choses qu'aucun ruban ne mesure. La limite est d'accès : il faut une boutique à proximité, un créneau, et parfois la patience d'un rendez-vous. Et le résultat dépend de la personne : la qualité d'un essayage en cabine est très variable, c'est un métier et tout le monde ne l'exerce pas avec la même finesse.
Le questionnaire ou le calculateur. D'autres maisons remplacent le guide de mesures par une suite de questions — taille habituelle, ressenti, ce qui va et ce qui ne va pas — et en déduisent une recommandation. Certaines demandent plusieurs tours de poitrine, debout et penchée, exactement comme nous l'avons décrit plus haut ; des communautés en ligne ont popularisé cette approche à plusieurs mesures, et c'est elle qui donne les résultats les plus fins sur les poitrines souples ou les grands bonnets. L'avantage : le questionnaire corrige les erreurs de mesure en recoupant les réponses. La limite : il demande que vous sachiez déjà décrire ce qui ne va pas dans votre soutien-gorge actuel, ce qui n'est pas donné à tout le monde, et il reste un calcul, pas un essayage.
| Approche | Ce qu'elle apporte | Ce qu'elle ne peut pas faire |
|---|---|---|
| Guide de taille en ligne | Une table juste pour les patrons de la maison | Prédire la forme, la projection, l'asymétrie |
| Rendez-vous en boutique | Un œil extérieur, l'essayage en mouvement | Être accessible partout, être égal d'une cabine à l'autre |
| Questionnaire ou calculateur | Un recoupement qui rattrape les erreurs de mesure | Remplacer l'essai de la pièce sur le corps |
| Mesures prises chez soi, répétées | Un intervalle de tailles fiable et gratuit | Juger la coupe avant de l'avoir portée |
Notre position, puisqu'il faut la dire : les trois approches sont complémentaires et aucune ne se suffit. Mesurez chez vous, répétez la mesure, lisez le guide de la maison chez qui vous achetez, et acceptez l'idée que les deux ou trois premières pièces d'une nouvelle maison soient des essais. Si une boutique de quartier propose un essayage, cela vaut largement le déplacement une fois dans sa vie : ce que vous apprendrez sur votre propre forme vous servira pour tous les achats suivants, en ligne compris.
Nous nous abstenons volontairement de comparer les gammes de tailles, les tranches de centimètres ou les services d'une maison à l'autre dans le détail : ces éléments évoluent, et une comparaison périmée serait pire qu'une absence de comparaison.
Le chiffre que tout le monde cite, et pourquoi nous ne le citerons pas comme un fait
Vous l'avez forcément croisé : « 70 à 80 % des femmes portent la mauvaise taille de soutien-gorge. » Il circule depuis des années dans la presse, dans les guides d'achat, dans les argumentaires de marques, et il est vraisemblablement repris de bonne foi par la plupart de ceux qui l'écrivent.
Il faut dire ce qu'il est : une estimation répandue dans la profession, sans source primaire traçable. Les reprises renvoient les unes aux autres, les études citées sont le plus souvent de petites séries menées par des enseignes sur leur propre clientèle, les critères de « mauvaise taille » ne sont jamais les mêmes d'une source à l'autre, et aucun institut indépendant ne publie de chiffre national comparable. Un chiffre qui varie de 70 à 80 % selon celui qui le cite n'est pas une mesure : c'est une impression convertie en pourcentage.
Ce que nous pouvons dire honnêtement, et qui est plus utile : les erreurs d'ajustement sont fréquentes, les conseillères en cabine le constatent tous les jours, et les deux erreurs qui reviennent le plus souvent sont toujours les mêmes — une bande trop grande et un bonnet trop petit, presque toujours ensemble, parce que l'une entraîne l'autre dans le raisonnement de celle qui choisit. Vous n'avez pas besoin d'un pourcentage pour savoir si cela vous concerne. Les sept vérifications de la section précédente vous le diront en deux minutes, sur votre propre corps, ce qui vaut mieux que n'importe quelle statistique.
Tenir un carnet de mesures
C'est le conseil le moins séduisant de cet article et probablement le plus rentable.
Notez, dans une note de téléphone que vous retrouverez : la date, le tour de dessous, le tour de poitrine debout, le tour de poitrine penchée, le tour de taille, le tour de hanches, la hauteur de buste. Ajoutez une ligne libre : la taille que vous portez effectivement chez les maisons où vous achetez, modèle par modèle quand cela diffère.
Ce que ce carnet vous apporte, concrètement :
- Il rend les variations lisibles. Un chiffre seul ne dit rien ; trois chiffres sur dix-huit mois disent si votre taille bouge, dans quel sens, et de combien.
- Il remplace le souvenir par la trace. « Je crois que je fais du 90C » devient « au mois de mars, 76 de dessous et 93 de poitrine ».
- Il rend les achats en ligne possibles. Avec vos centimètres sous les yeux, un guide de taille étranger devient lisible en trente secondes.
- Il vous dit quoi essayer. Deux tailles sœurs plus votre taille théorique, c'est trois pièces à essayer au lieu d'une à espérer.
Une habitude simple : reprenez les mesures deux fois par an, aux changements de saison, et à chaque fois que vous changez de cran de crochet sur votre pièce habituelle.
Questions fréquentes
Faut-il arrondir vers le haut ou vers le bas ? Pour le tour de dessous, arrondissez au centimètre le plus proche, puis appliquez la table. À mi-chemin exact entre deux tailles, prenez la plus petite si la pièce a une bande très élastique, la plus grande si elle est rigide ou baleinée.
Mon tour de dessous tombe pile sur une borne. Que faire ? Essayez les deux et gardez celle dont la bande est confortable sur le crochet le plus large. C'est le seul arbitre.
Je n'ai pas de mètre ruban. Puis-je utiliser une ficelle ? En dernier recours, avec une ficelle qui ne s'étire pas — pas de laine, pas d'élastique — reportée ensuite sur un mètre rigide. Un fil de coton tressé convient à peu près. Le résultat sera moins fiable, surtout sur le tour de dessous, qui demande une tension précise.
Mes deux seins ne font pas la même taille. Laquelle prendre ? Celle du plus grand, toujours, et un modèle à bonnet souple. Un bonnet un peu lâche se comble ; un bonnet trop petit se voit.
Dois-je mesurer avant ou après le sport ? Avant, ou au moins une heure après. La cage thoracique est ouverte et la peau gonflée juste après l'effort, et le tour de dessous monte de deux à trois centimètres.
Pourquoi mon 90C d'une maison ne me va pas chez une autre ? Parce que la taille désigne une bande et un écart, pas une forme. La largeur de l'armature, la hauteur du bonnet, la projection vers l'avant et l'écartement entre les bonnets varient d'un patron à l'autre. Deux 90C peuvent être deux pièces très différentes, toutes les deux correctement étiquetées.
Puis-je mesurer seule ou faut-il quelqu'un ? Seule, devant un miroir, c'est très faisable pour les quatre mesures. Pour la hauteur de buste, une seconde paire de mains aide beaucoup, parce que le ruban doit rester plaqué sur tout le trajet.
Combien de temps une mesure reste-t-elle valable ? Six mois en moyenne pour un corps stable ; beaucoup moins pendant une grossesse, un allaitement ou une variation de poids. Le signal fiable reste le changement de cran de crochet.
Faut-il mesurer en centimètres ou en pouces ? En centimètres, et convertissez seulement au moment de lire un guide étranger. Mesurer directement en pouces ajoute un arrondi, donc une imprécision, sur le chiffre le plus sensible de tous.
Le récapitulatif, en une page
Si vous ne devez retenir que ceci :
- Quatre mesures : tour de dessous serré en expirant, tour de poitrine sans serrer, tour de taille au creux, tour de hanches au plus large. Trois fois chacune, on garde la médiane.
- La bande vient du dessous : tour de dessous plus quinze, arrondi au multiple de cinq, donne la taille française.
- Le bonnet vient de l'écart : poitrine moins dessous, environ deux centimètres par bonnet dans le système français.
- Ajoutez la mesure penchée si votre poitrine est souple : l'écart entre debout et penchée dit combien la table vous sous-estime.
- Notez la hauteur de buste une fois pour toutes : elle décide des bodies, des combinaisons et des une-pièce.
- Les systèmes ne se superposent pas : donnez vos centimètres, pas votre lettre, quand vous achetez à l'étranger.
- Connaissez vos deux tailles sœurs : elles doublent vos chances à chaque achat.
- La mesure est une hypothèse, l'essayage est la réponse : sept vérifications, deux minutes, et la bande sur le crochet le plus large.
- Datez vos mesures et reprenez-les deux fois par an.
Les grands bonnets ont leurs règles propres, et nous les avons détaillées dans notre guide du soutien-gorge grande taille. Pour voir ce que donnent ces mesures sur des pièces réelles, nos pages de collection indiquent les tailles disponibles modèle par modèle, du bonnet A aux grands bonnets.
Une dernière chose. Si vous avez porté la même taille pendant dix ans et que les mesures d'aujourd'hui vous en donnent une autre, ce n'est pas votre corps qui a eu tort. Prenez la nouvelle, essayez-la, et jugez-la sur les sept points. Le chiffre n'est qu'un moyen d'arriver à une pièce que l'on oublie d'avoir sur soi.
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